Pirsoumé Nissa
La divulgation du miracle.
Nous nous trouvons à l’approche de la fête de ‘Hanouka, et par conséquent, nous allons commencer à traiter de ses règles.
Les devoirs de ‘Hanouka
Les devoirs de la fête de ‘Hanouka sont nombreux, et nous allons les énumérer :
Le devoir de l’allumage des Nérot ‘Hanouka ; la mention de « ‘Al Ha-Nissim » (dans la ‘Amida et le Birkat Ha-Mazon) ; la récitation du Hallel les 8 matins de ‘Hanouka ; la lecture dans la Torah les 8 matins de ‘Hanouka du passage de l’inauguration du Michkan par les 12 Princes des Tribus ; l’interdiction de dire une éloge funèbre ou d’observer un jeûne durant les 8 jours de ‘Hanouka ; la tradition des femmes de ne pas réaliser de travaux (pendant que les Nérot brûlent, comme nous l’expliquerons) ; la règle des repas durant ‘Hanouka ; la tradition des aliments spécifiques à ‘Hanouka.
« Pirsoumé Nissa » – La divulgation du miracle
Le devoir le plus en relief de toute la fête de ‘Hanouka est celui de l’allumage des Nérot ‘Hanouka. Ce devoir possède de nombreux détails, comme nous l’apprendrons, avec l’aide d’Hachem.
Mais avant tout, nous devons réfléchir :
Les jours de ‘Hanouka ont été instaurés en souvenir du miracle réalisé par Hachem à nos ancêtres au temps du 2ème Beit Ha-Mikdach.
Cela signifie qu’il n’y avait plus de prophètes en ces temps, et seuls les sages de cette génération ainsi que les sages des générations suivantes, nous ont instauré tous les devoirs de la fête de ‘Hanouka.
Nos maîtres ont instauré le devoir d’allumer les Nérot ‘Hanouka en souvenir du miracle réalisé avec la Ménora du Beit Ha-Mikdach.
En effet, après la victoire des ‘Hachmonaïm – qui ont réussi à vaincre l’ennemi et à le chasser du Beit Ha-Mikdach – ils pénétrèrent dans le Beit Ha-Mikdach et cherchèrent de l’huile pure, qui n’avait pas été touchée par une personne impure, et qui n’avait pas été déplacée par une personne impure. Après de grandes recherches, ils trouvèrent un flacon d’huile pure, encore scellé par le sceau du Cohen Gadol.
Mais ce flacon ne contenait pas assez d’huile mais seulement une quantité suffisante pour que la Ménora reste allumée durant un seul jour. Or, pour aller dans la région où l’on fabriquait l’huile pure pour le Beit Ha-Mikdach (territoire de la tribu d’Acher, dans le nord d’Israël), en fabriquer une nouvelle et revenir à Jérusalem, il fallait 8 jours.
Hachem leur fit un miracle et une merveille !
Cette huile contenue dans le seul flacon trouvé, suffit et permit à la Ménora de rester allumée 8 jours au lieu d’un seul !
En souvenir de ce miracle, nos maîtres ont instauré d’allumer les Nérot ‘Hanouka.
Mais l’on peut s’interroger :
Quelle est l’utilité d’allumer autant de Nérot si nombreuses dans chaque foyer ?
Certains ont même l’usage de procéder à plusieurs allumages dans le même foyer, comme telle la tradition chez les Achkénazim, et il aurait été plus approprié que nos maîtres instaurent d’allumer uniquement dans chaque quartier, ou uniquement dans chaque synagogue ! Pourquoi allumer dans chaque foyer ?
La cause des miracles
La raison à cela est expliquée dans les propos de notre maître le RAMBAN dans son commentaire sur la Paracha de Bo, et nous allons citer brièvement ses propos :
La cause des miracles dans le monde, ainsi que leur utilité, est la reconnaissance de la providence divine dans l’univers par le biais des miracles. En effet, depuis l’époque où les hommes ont commencé à adorer les idoles et à renier le culte d’Hachem, les conceptions ont commencé à se détériorer dans le domaine de la Emouna (la foi) : certains ont prétendu que le monde est ancien et qu’il n’a pas de créateur ; d’autres ont prétendu qu’Hachem n’a pas connaissance de tout ce qui se passe dans le monde ; d’autres encore ont prétendu qu’Hachem ne s’intéresse pas à nos actions, et que les êtres humains sont comme les poissons, qui ne connaissent ni récompense ni châtiment ; d’autres encore ont prétendu qu’Hachem a abandonné la terre et ne surveille plus les créatures.
C’est pourquoi, Hachem a réalisé des miracles à nos ancêtres ainsi qu’à nous même, car le prodige – le miracle – qui est au-dessus des règles de la nature, exprime de manière claire le contraire de toutes les conceptions détériorées que nous avons citées. Le miracle permet de reconnaitre que le monde possède un créateur qui règne sur lui, et que ce créateur sait et surveille tout ce qui se produit dans le monde.
Cependant, Hachem ne réalise pas des miracles et des prodiges à toute génération aux yeux de tout impie et renégat, mais seulement dans des cas exceptionnels.
Mais il nous a ordonné de nous souvenir de ces miracles, et de leur faire un rappel perpétuel, afin que les miracles ne soient jamais oubliés.
Lorsque l’homme reconnait les miracles dévoilés réalisés par Hachem dans son univers, il en arrive à reconnaitre les miracles voilés, qui sont le fondement de toute la Torah. Et dans les termes exacts du RAMBAN :
« … aucun homme n’a droit à la moindre part dans la Torah de Moché Rabbénou, tant qu’il ne croit pas que tous les événements de sa vie ne sont que miracles !
Que tous les événements de la vie n’ont pas la moindre cause naturelle, ni fonctionnement normal du monde ! »
L’utilité de l’allumage des Nérot
Nous apprenons donc que si Hachem a réalisé un miracle aux ‘Hachmonaïm ainsi qu’à tout Israël de ces générations, ce n’était pas seulement pour sauver Israël de ses ennemis, car Hachem aurait pu les sauver même par les règles de la nature, mais Hachem désira intentionnellement réaliser des miracles dévoilés même vis-à-vis de la Ménora.
Cette notion nous implique d’autant plus – véritablement par les actes d’Hachem lui-même – à divulguer les miracles qu’Hachem a réalisés.
C’est pourquoi, nos maîtres ont instauré de multiplier l’allumage des Nérot ‘Hanouka, et de les allumer dans chaque foyer, afin que l’allumage ainsi que les bénédictions récitées lors de l’allumage, stimulent chacun à s’interroger : « En souvenir de quoi cette allumage est réalisé ? »
Ainsi, on racontera les miracles d’Hachem, et la Emouna en Hachem – qui est la racine, la tête et la première de toutes les Mitsvot de la sainte Torah – se renforcera.
Nous apprenons également de tout ceci, qu’il en est de même vis-à-vis de tout miracle personnel réalisé à chacun, qu’il est une Mitsva de le divulguer aux membres de la famille, en particulier pendant la fête de ‘Hanouka, et mettre l’accent devant les membres du foyer – en particulier les enfants – sur la bonté d’Hachem et Sa bienveillance envers nous. C’est ainsi que se renforcera la Emouna et l’amour du Créateur, et que nous aurons le mérite qu’Hachem nous réalise de nouveau des miracles et des merveilles, qu’il nous montre la fin par des événements extraordinaires, Amen Ken Yéhi Ratson.
Source: halachayomit
Abdellak Malkiel





