Associer un enfant (non Bar Mitsva) au Zimoun
Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué le principe du Zimoun avant le Birkat Ha-Mazon.
Selon ce principe, lorsque 3 hommes ou plus ont pris ensemble un repas accompagné de pain, ils sont tenus de procéder au Zimoun avant de réciter le Birkat Ha-Mazon, comme nous l’avons expliqué.
Il est évident que lorsque nous parlons de 3 hommes, il s’agit de 3 adultes qui ont au moins 13 ans et un jour, mais s’il s’agit de 3 enfants en dessous de l’âge de 13 ans, ils ne peuvent procéder au Zimoun avant de réciter le Birkat Ha-Mazon.
Si 2 adultes ont mangé en compagnie d’un enfant qui n’a pas atteint l’âge de 13 ans, nos maîtres les Richonim (décisionnaires médiévaux) débattent afin de définir si l’on peut – oui ou non – associer un enfant au Zimoun.
Selon l’opinion du RIF et du RAMBAM il est possible d’associer au Zimoun même un enfant en dessous de l’âge de Bar Mitsva, aussi bien lorsqu’il s’agit d’un Zimoun de 3 hommes, aussi bien lorsqu’il s’agit d’un Zimoun de 10 hommes (où l’on mentionne le Nom d’Hachem comme nous l’avons expliqué dans la précédente Halacha).
Cependant, même selon l’opinion du RIF, on ne peut associer au Zimoun qu’un enfant qui est au moins en âge de comprendre à qui nous adressons nos bénédictions (c’est-à-dire, un enfant qui comprend la notion des bénédictions de façon générale, et qui comprend que c’est Hachem que nous bénissons).
Mais s’il s’agit d’un enfant véritablement en bas âge qui n’a pas la capacité intellectuelle suffisante pour comprendre à qui nous adressons nos bénédictions, on ne peut l’associer au Zimoun, même s’il s’agit d’un Zimoun de 3 hommes.
(Il y a certes l’opinion de Rabbénou Tam et d’autres décisionnaires selon laquelle on peut associer au Zimoun même un bébé dans son berceau, mais malgré tout, la majorité des Richonim réfutent ses propos, et la Halacha n’est pas fixée selon son opinion sur ce point.)
Selon l’opinion de notre maître le ROCH, on ne peut associer au Zimoun qu’un garçon qui a atteint l’âge de 13 ans et un jour, mais s’il s’agit d’un enfant en dessous de cet âge, on ne peut pas l’associer au Zimoun, même s’il sait à qui nous adressons nos bénédictions. Le RAMA – au chapitre 199 – tranche selon l’opinion du ROCH, et tel est l’usage chez les Achkénazim qui se conforment aux décisions Halachiques du RAMA, et n’associent absolument pas d’enfants au Zimoun, tant qu’ils n’ont pas atteint l’âge de 13 ans révolus.
Mais MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h tranche sur ce point selon l’opinion du RIF et du RAMBAM, car tel est son principe, chaque fois qu’il constate une divergence d’opinion Halachique parmi les 3 Piliers de la décision Halachique – qui sont le RIF, le RAMBAM et le ROCH – il tranche selon la majorité d’entre eux.
En l’occurrence, selon l’opinion du RIF et du RAMBAM, on peut associer un enfant au Zimoun, et par conséquent la Halacha est fixée selon leur opinion.
Tel est l’usage chez les Séfaradim et les originaires des communautés du Moyen-Orient, lorsque 2 adultes ont mangé avec un enfant qui sait à qui nous adressons nos bénédictions, on associe l’enfant au Zimoun.
Nous devons encore expliquer à partir de quel âge précis peut-on associer un enfant au Zimoun selon l’opinion de MARAN.
En effet, le RIF écrit que même si l’enfant est âgé de « 9 ou 10 ans », tant qu’il sait à qui nous adressons nos bénédictions, on l’associe au Zimoun.
Mais le RAMBAM écrit qu’il est suffisant que l’enfant soit âgé de « 7 ou 8 ans », et à partir de cet âge nous l’associons au Zimoun.
MARAN explique l’opinion du RIF dans le Beth Yossef en disant que lorsque le RIF écrit « 9 ou 10 ans », ceci n’a rien d’exhaustif, car le RAMBAM écrit « 7 ou 8 ans », et il ne semble pas qu’il y ait une divergence d’opinion sur ce point entre le RIF et le RAMBAM. Il est certain que tout enfant qui sait à qui nous adressons nos bénédictions peut être associé au Zimoun, dès qu’il est âgé d’au moins 7 ou 8 ans, chaque enfant selon son degré de clairvoyance.
Par conséquent, selon l’opinion de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h, on doit associer au Zimoun tout enfant qui comprend à qui nous adressons nos bénédictions, ce qui correspond généralement à l’âge de 7 ans.
Il est vrai qu’à l’origine notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l avait écrit dans son livre Chou’t Yabi’a’ Omer tome 2, que l’on ne doit pas répondre AMEN à la bénédiction d’un enfant sauf s’il est âgé d’au moins 9 ans, qui est l’âge à partir duquel on peut estimer qu’il sait à qui nous adressons nos bénédictions (et il semble donc qu’il en est de même pour le fait de l’associer au Zimoun, puisque nous récitons une bénédiction avec lui, il faut donc que l’on puisse – sur le principe – répondre AMEN à cette bénédiction si on l’avait entendue de sa bouche), malgré cela, dans son livre Chou’t Yabi’a’ Omer tome 8, notre maître le Rav z.ts.l explique qu’il s’agit là d’un simple enfant qui n’est pas doté de capacités intellectuelles particulières comme dans les précédentes générations.
Mais de notre époque où tous les enfants apprennent correctement à l’école la notion des bénédictions, et qu’il n’existe quasiment pas d’enfant qui ne sait pas à qui nous adressons nos bénédictions, on doit estimer que généralement tout enfant âgé de 6 ans et plus sait à qui nous adressons nos bénédictions.
Nous avons déjà eu l’occasion dans le passé de faire mention de l’obligation qui incombe les parents à apprendre à leurs enfants à s’essuyer correctement après avoir fait leurs besoins naturels, car tant qu’un enfant ne sait pas encore s’essuyer correctement selon les exigences de la Halacha, ses bénédictions n’ont pas le statut de bénédictions, il est interdit de répondre AMEN à ses bénédictions, et il en est de même pour le fait de l’associer au Zimoun.
C’est pourquoi, s’il s’agit d’un enfant qui n’est pas totalement propre selon les exigences de la Halacha, on ne peut pas l’associer au Zimoun, et l’on ne peut pas répondre AMEN à ses bénédictions.
Source: halachayomit
Abdellak Malkiel





