Dès le début du mois de AV, nous diminuons la joie

Dès le début du mois de AV, nous diminuons la joie

Année 5786

Aujourd’hui, nous sommes le jour de Roch ‘Hodech « Ména’hem Av », et la semaine prochaine – mercredi soir et jeudi – tombe le jeûne du 9 Av.
Qu’Hachem le transforme en allégresse et en joie, rapidement et de nos jours.

Dès l’entrée du mois de AV
Même si quelques règles de deuil sont déjà en vigueur pendant la période de Ben Ha-Métsarim (les 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av), comme nous l’avons appris, malgré tout, dès le début du mois de Av – et cela, jusqu’au-delà du 10 Av – des règles supplémentaire entrent en vigueur, puisque c’est le mois dans lequel est survenue la destruction des 2 Baté Mikdach (les 2 Temples de Jérusalem).
Nos maîtres nous enseignent que ces jours-là sont des jours de malheur pour Israël, et leur destin ne leur est pas favorable.
Voici les termes de la Guémara Ta’anit (26b) à ce sujet :
« Dès l’entrée du mois de Av, nous diminuons la Sim’ha (la joie) ».
Il s’agit ici de diminuer principalement la joie liée au mariage, puisque nous avons l’usage de ne pas se marier durant ces jours.

Nos maîtres enseignent encore qu’un juif ayant un litige juridique avec un non-juif, doit éviter de passer en justice pendant ces jours là, et doit s’efforcer de reporter le procès au mois d’Adar, ou du moins après le 10 Av, car le destin (Mazal) d’Israël ne leur est pas favorable en cette période.

« Nous diminuons la joie »
Le Gaon auteur du Michna Béroura écrit (chap.551 Cha’ar Ha-Tsiyoun note 1) que lorsque nos maîtres enseignent qu’il faut diminuer la joie dès l’entrée du mois de AV, cela signifie diminuer de ce dont on a l’usage de se réjouir durant les autres jours.
A la lueur des propos du Michna Béroura, il ne nous est pas demandé de marcher en étant courbés et tristes durant ces jours, mais uniquement marquer la diminution de la joie par des actes concrets, comme les gens qui font des repas joyeux en ces jours en organisant des Barbecues, ces choses ne sont pas appropriées au mois de AV.

Achats liés à une réjouissance
Depuis Roch ‘Hodech Av, nous diminuons toutes formes d’achats liés à une réjouissance, comme des nouveaux meubles pour un futur couple, ou bien des bijoux en or ou en argent même pour soi-même, ou autre.
De même, il est interdit de peindre ou passer à la chaux les murs de la maison en ces jours-ci, car le résultat de ces activités procure de la joie.
Pour ce qui est des autres achats qui ne sont pas liés à une réjouissance, comme acheter des nouveaux meubles pour soi-même, ou une nouvelle voiture, bien qu’il sera juste de s’en abstenir, cependant, on a l’usage de l’autoriser.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit qu’il est quand même convenable de s’abstenir de s’acheter des nouveaux meubles ou une nouvelle voiture pendant ces jours là, puisque cela représente quand malgré tout une réjouissance pour nous même.

En effet, il faut savoir que ces jours ne sont pas de bon augure, et de ce fait, on évite de se marier, même dans le cas de quelqu’un qui serait autorisé selon le strict Din à se marier après Roch ‘Hodech AV (le marié n’a pas encore un garçon et une fille).
Il n’est donc pas bénéfique d’acheter pour soi-même une nouvelle voiture ou des nouveaux meubles, ou autre, après Roch ‘Hodech AV.
Il est préférable d’attendre après le 9 AV pour le faire.

Consommation de viande et de vin
Tout le peuple d’Israël a la tradition de ne consommer ni viande ni vin depuis Roch ‘Hodech AV jusqu’au 10 AV inclus, excepté Chabbat. (Ce sujet sera traité largement dans une Halacha indépendante, avec l’aide d’Hachem).

De nombreuses personnes font l’erreur de croire que selon l’usage des Séfaradim on ne s’abstient de consommer la viande et le vin qu’à partir de « la semaine dans laquelle tombe le 9 Av » (« Chavoua’ Ché’hal Bo »).
Il faut donc attirer leur attention sur le fait qu’il n’en est rien, et que l’on s’en abstient dès Roch ‘Hodech AV.

Les interdits de la semaine dans laquelle tombe le 9 AV
Pendant la semaine dans laquelle tombe le jeûne du 9 AV (« Chavoua’ Ché’hal Bo », par exemple lorsque le 9 Av tombe un jeudi, la « semaine » débute dès le samedi-soir précédant), d’autres usages de deuil sont en vigueur, et parmi ces usages, l’interdiction de se laver le corps à l’eau chaude (mais il est permis de se laver à l’eau froide), ainsi que l’interdiction de laver le linge ou bien de porter du linge propre.

Cette année 5786
Cette année, le 9 Av tombe jeudi, et de ce fait, les jours de « Chavoua’ Ché’hal Bo » (la semaine dans laquelle tombe le 9 Av) sont plus nombreux que les autres années.

Les rigueurs observées par les Achkénazim
Cependant, la tradition des Achkénazim est très rigoureuse vis à vis de l’interdit de se laver, et selon leur usage, il faut interdire depuis Roch ‘Hodech AV, aussi bien à l’eau chaude qu’à l’eau froide.

Cela signifie que les Achkénazim s’imposent donc 2 rigueurs supplémentaires :
S’interdire de se laver dès Roch ‘Hodech AV ; s’interdire également de se laver à l’eau froide.
Cependant, même selon la tradition des Achkénazim, s’il s’agit d’une personne qui habite un pays où le climat est chaud, comme Erets Israël, ou bien d’une personne qui transpire beaucoup, il lui est permis de se laver avec de l’eau qui n’est pas véritablement chaude, même pendant Chavoua’ Ché’hal Bo (la semaine où tombe le jeûne du 9 Av), car les Achkénazim n’ont pris sur eux ces traditions rigoureuses que pour les pays où ils habitaient, qui étaient des pays au climat assez froid, et nous pouvons donc permettre même à un Achkénazi de se laver au moins à l’eau froide pendant cette période.
C’est ainsi que tranche le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l

De même, les Achkénazim sont plus rigoureux au sujet du lavage du linge et pour le fait de porter des vêtements propres, car les Séfaradim ne se l’imposent qu’à partir de la semaine dans laquelle tombe le 9 Av, alors que les Achkénazim se l’imposent dès Roch ‘Hodech AV.

Achats pour un futur couple
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que si la date d’un mariage est fixée immédiatement après le 9 Av, et que le ‘Hatan (le marié) n’a pas encore accompli le devoir d’avoir des enfants (duquel nous nous acquittons que lorsque nous avons au moins un garçon et une fille), il est permis dans ce cas d’acheter tout le nécessaire du mariage même pendant cette période, et cela, même s’il restera du temps pour le faire entre le 9 Av et le mariage (par exemple, si le mariage est fixé au 15 AV) mais que les prix risquent de monter, il est permis d’acheter en ces jours-ci tout le nécessaire pour le mariage, dès lors où une perte financière est à craindre.

Source: halachayomit
Rabbin Malkiel Abdellak