Le demi-Chékel
remède contre l’amnésie !
Le Chabbat qui précède le mois d’Adar est appelé « Chabbat Chékalim », car à l’époque du Beit Ha-Mikdach, lorsque débutait le mois d’Adar, le Beit Din diffusait un communiqué selon lequel chaque juif devait s’acquitter de son devoir de donner la pièce du « Ma’hatsit Ha-Chékel » – le demi-Chékel que l’on offrait au Beit Ha-Mikdach, et qui avait pour vocation le financement des bêtes pour les sacrifices de la collectivité durant toute l’année.
Cette année (5786), Chabbat Chékalim tombe ce Chabbat Michpatim.
A cette occasion, on sortira ce Chabbat 2 Sifré Torah :
Dans le 1er, nous lirons la Paracha de la semaine (Michpatim)
Dans le 2ème, nous lirons la Paracha de Chékalim (début de Ki Tissa)
Il est rapporté dans le Midrach :
Lorsque Moché Rabbénou arriva à la Paracha de Chékalim (début de Ki Tissa), il s’écria :
« Maître du Monde ! Lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai oublié d’Israël comme on oublie un mort ! »
Hachem lui répondit :
« Je peux jurer par ta vie que ni ton nom, ni ton souvenir ne seront oubliés d’Israël à tout jamais ! » Comme il est dit :
זִכְרוּ, תּוֹרַת מֹשֶׁה עַבְדִּי … (מלאכי ג-כב)
Souvenez-vous de la Torah de Moché mon serviteur …. » (Mal’a’hi 3-22)
Une question est posée sur ce Midrach :
Pour quelle raison Moché Rabbénou éprouve-t-il cette crainte de disparaître du souvenir d’Israël, et qui plus est, pourquoi l’éprouve-t-il exclusivement lorsqu’il arrive à la Paracha de Chékalim ?
Le Na’halat Ya’akov explique que la Mitsva de donner le demi-Chékel, nous apporte également une allusion à la manière d’étudier la Torah.
En effet, on peut très bien se demander pour quelle raison doit-on donner uniquement un demi-Chékel et non pas un Chékel entier ?
En réalité, cela vient nous rappeler que l’on ne doit jamais étudier la Torah seul, mais uniquement à 2 (« ‘Havrouta » – en binôme), car celui qui étudie la Torah lorsqu’il est seul, oublie ce qu’il étudie et ne peut pas pénétrer profondément le sens de ce qu’il apprend.
La Torah est entière uniquement lorsqu’elle est étudiée par 2 personnes.
Nous retrouvons cette idée dans le demi-Chékel.
Lorsque 2 personnes donnent chacun un demi-Chékel, que ces personnes soient riches ou pauvres, leurs 2 demi-Chékels formeront un Chékel entier.
Nous avons donc appris que le fait d’étudier la Torah à 2 constitue un moyen de se rappeler de ce que l’on apprend.
Cependant, il est aussi écrit que le moyen de se souvenir de ce que l’on a appris est de rappeler le nom du maître qui nous a enseigné ce que l’on a appris.
En rappelant son nom, on se souviendra forcément de ce qu’il nous a appris.
Voilà donc quelle était l’inquiétude de Moché Rabbénou en arrivant à la Paracha de Chékalim.
En comprenant l’allusion qui réside dans le demi-Chékel – qui nous rappelle qu’il faut étudier la Torah en étant 2 personnes, et que cela constitue aussi un moyen de se souvenir de ce que l’on apprend – Moché se dit qu’il n’est donc plus nécessaire de mentionner son nom pour se souvenir de ce que l’on apprend.
Effectivement, il existe un autre moyen pour préserver la mémoire de ce que l’on apprend, et ce moyen consiste simplement à étudier la Torah en étant 2.
C’est pourquoi Hachem le rassure en lui disant que quel que soit le moyen que les Béné Israël utiliseront pour se rappeler de ce qu’ils apprennent, ils mentionneront toujours son nom, puisque la Torah est appelée sur son nom, comme il est dit :
« Souvenez-vous de la Torah de Moché mon serviteur … »
Source: halachayomit
Abdellak Malkiel





