Le devoir du prélèvement de la ‘Halla
Il est dit dans la Torah :
רֵאשִׁית עֲרִסֹתֵכֶם חַלָּה, תָּרִימוּ תְרוּמָה כִּתְרוּמַת גֹּרֶן, כֵּן תָּרִימוּ אֹתָהּ. (במדבר טו-כ)
Aux prémices de vos pâtes, vous réaliserez un prélèvement ; à l’instar du prélèvement sur la grange, ainsi vous le prélèverez. (Bamidbar (15-20)
Cela signifie qu’au même titre qu’il était un devoir selon la Torah (et au temps où le Beit Ha-Mikdach existait) de prélever la « Térouma » sur les choses qui poussaient en Erets Israël – comme le blé, les raisins et les olives (et de l’offrir au Cohen), ainsi il est un devoir (en tout temps) de prélever la « ‘Halla » sur la pâte.
Cette obligation de prélever la ‘Halla sur la pâte est en vigueur en tout temps, aussi bien en Erets Israël qu’en dehors d’Erets Israël (comme expliqué dans la Guémara Bé’horott 27a).
Quand doit-on prélever ?
L’obligation de prélever la ‘Halla intervient après avoir préparé une pâte destinée à toute sorte de pain, pâtisserie, ‘Hallot, gâteau, biscuit ou autre, c’est à ce moment-là – avant l’enfournement – qu’il faut prélever une infime partie de la pâte, comme nous l’expliquerons Bé’ezrat Hachem.
A partir de quel type de pâte doit-on prélever ?
L’obligation de prélever la ‘Halla n’existe que sur une pâte confectionnée à partir des 5 céréales du Dagan exclusivement (Michna ‘Halla chap.1).
Voici les 5 céréales du Dagan :
Le blé, l’orge, l’épeautre, l’avoine, et le seigle.
Toute personne qui confectionne une pâte à partir de l’une de ces 5 céréales, a le devoir de prélever la ‘Halla, car dès lors où l’eau et la farine se mélangent ensemble et que le tout constitue une pâte, cette pâte est soumise à l’obligation de prélèvement de la ‘Halla (Roch dans les règles relatives à la ‘Halla chap.3).
L’ordre du prélèvement de la ‘Halla
Avant de prélever, on récite la Béra’ha suivante :
Barou’h Ata A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Méle’h Ha-‘Olam Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhafrich ‘Halla Térouma.
Il existe diverses formules de la terminaison de cette Béra’ha, mais au sein des communautés des Séfaradim – et en particulier dans la sainte ville de Jérusalem – l’usage a toujours été depuis de nombreuses générations de dire cette Béra’ha dans ces termes précis.
Chez les Achkénazim, certains disent la terminaison de cette Béra’ha avec les termes « Léhafrich ‘Halla Mn Ha-‘Issa ».
Après avoir dit la Béra’ha (et seulement après), on prend une infime partie de la pâte, et on dit : « Haré Zo ‘Halla » (« Ceci est la ‘Halla »).
Que doit-on faire du prélèvement de la ‘Halla ?
Au temps du Beit Ha-Mikdach – où l’on pouvait se purifier de l’impureté mortuaire au moyen de l’aspersion des Eaux Lustrales qui étaient mélangées à la cendre de la Vache Rousse – on donnait le prélèvement de la ‘Halla au Cohen, qui la consommait en étant pur.
Mais à notre époque – où nous avons tous le statut d’impurs par contraction de l’impureté mortuaire, et n’ayant aucun moyen pour se purifier de cette impureté – nous devons brûler le prélèvement de la ‘Halla, afin que personne ne trébuche sur l’interdit de sa consommation (puisque la consommation d’un prélèvement de Térouma impure constitue une très grave faute).
Lorsqu’il n’y a pas de possibilité de brûler le prélèvement de la ‘Halla, certains décisionnaires autorisent dans ce cas à le placer dans un sachet soigneusement fermé, et à le jeter à la poubelle.
Dans la prochaine Halacha, nous expliquerons Bé’ezrat Hachem à partir de quelle quantité de farine doit-on prélever la ‘Halla.
Source: halachayomit
Rabbin Malkiel Abdellak





