L’heure limite pour la lecture du Chéma’ du matin
Question : Quelle est l’heure limite pour s’acquitter du devoir de lire le Chéma’ le matin ?
Réponse : Concernant l’heure limite pour réciter le Chéma’ du matin, Rabbi Yéhochoua’ enseigne dans une Michna du traité Béra’hott (9b) que l’on peut le réciter jusqu’à « la fin de la 3ème heure » du jour.
C’est-à-dire : en comptant 3 heures depuis le début du jour, à la fin desquelles le temps de la récitation du Chéma’ du matin est passé.
Ceci en raison du fait que la Torah précise au sujet de la lecture du Chéma’ :
… וּבְשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ. (דברים יא-יט)
A ton coucher et à ton lever (Dévarim 11-19), ce qui correspond à l’heure à laquelle les gens vont se coucher le soir, et à l’heure à laquelle les gens se lèvent de leurs lits le matin.
Ce temps se prolonge le matin durant les 3 premières heures du jour.
Non seulement le devoir de lire le Chéma’ le matin est une ordonnance de la Torah, mais l’heure limite pour l’accomplissement de ce devoir est – elle aussi – une ordonnance de la Torah (selon l’opinion de la majorité des décisionnaires), comme toutes les limites d’accomplissement des devoirs religieux ordonnés par la Torah.
Comment calcule-t-on les « 3 heures » ?
Les 3 heures dont nous avons parlé sont en réalité des « heures saisonnières » (« Cha’ott Zémaniyott »).
C’est-à-dire : diviser le nombre d’heures qui séparent l’aube (« ’Alott Ha-Cha’har ») de la sortie des étoiles (« Tsett Ha-Ko’havim ») en 12 parties égales, de sorte que chaque partie représente maintenant « une heure » qui sera relativement plus longue en été qu’en hiver.
[Selon certains décisionnaires, il faut effectuer cette division entre les heures qui séparent le lever du soleil (« Nets Ha-‘Hama ») de son coucher (« Chki’att Ha’Hama »), comme nous allons l’expliquer plus loin.]
Quoi qu’il en soit, les heures limites du Chéma’ apparaissent dans les différents calendriers et autres applications, diffusés en tout endroit par des gens de Torah.
A partir de quand doit-on compter les 3 heures ?
Ceci fait l’objet d’une divergence d’opinion parmi les décisionnaires :
Selon certains décisionnaires, il faut compter les 3 heures depuis l’heure de l’aube (« ’Alott Ha-Cha’har ») qui intervient environ 1 heure avant le lever du soleil.
Cette opinion est celle du Maguen Avraham, partagée par de nombreux autres décisionnaires.
Selon d’autres décisionnaires, il faut compter ces 3 heures depuis l’heure du lever du soleil (« Nets Ha-‘Hama »).
Cette opinion est celle du RAMBAM, exprimée dans une Responsa.
Elle est partagée par le Gaon de Vilna et d’autres décisionnaires.
Ceci explique le fait que figurent deux horaires limites du Chéma’ du matin dans les calendriers et autres applications :
L’horaire selon le Maguen Avraham (3 heures saisonnières comptées depuis l’aube).
L’horaire selon le Gaon de Vilna ou Gr’’a (3 heures saisonnières comptées depuis le lever du soleil).
Du point de vue de la Halacha, puisque la lecture du Chéma’ est une obligation ordonnée par la Torah, il est juste de s’imposer la rigueur sur ce point, et de tenir compte de l’horaire limite selon le Maguen Avraham.
Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit qu’en cas de situation extrême, on peut s’autoriser à tenir compte de l’horaire limite selon le Gaon de Vilna.
Actuellement en Israël, l’heure limite du Chéma’ selon l’opinion du Maguen Avraham est environ 8h40, et selon l’opinion du Gaon de Vilna, environ 9h20.
[En France actuellement, selon le Maguen Avraham, environ 9h20, et selon le Gaon de Vilna, environ 10h.]
Tout homme craignant Hachem doit s’imposer de réciter le Chéma’ avant son heure limite puisqu’il s’agit d’une obligation ordonnée par la Torah.
Même si l’on va prier plus tardivement, on doit avoir la vigilance de réciter le Chéma’ dès le début de la prière afin de s’acquitter de son devoir.
Ainsi, lorsqu’on le récite de nouveau durant l’office, si son heure limite est passée, on est déjà quitte de son devoir.
Dans la prochaine Halacha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – jusqu’à quand peut-on prier la ‘Amida de Cha’haritt (matin).
Source: halachayomit
Rabbin Malkiel Abdellak





